Psychanalyse à Nantes

Analyse Freudienne

Année 2009-2010

www.analysefreudienne.com

Thème de l’année

CONSTRUCTION / DECONSTRUCTION DU SYMPTOME

Le “symptôme est un évènement de corps” pour le sujet[1]. De ce fait, il faut maintenir que l’homme a un corps, soit qu’il parle avec son corps, autrement dit qu’il parlêtre de nature’[2] .

Qu’il y ait quelque chose à entendre de la façon dont le corps est le porte parole du symptôme, est une révolution déjà engagée par Freud et poursuivie par Lacan. C’est une façon de prendre à revers la référence médicale du symptôme entrant dans l’interrogatoire propre au diagnostic et au traitement (cf M. Foucault).

Malgré cela, nous savons que depuis, les successifs DSM se sont réappropriés le symptôme dans un retour au “médicastre”de la parole du sujet, évacuant les structures pour ne plus avoir affaire qu’avec les comportements, laissant à nouveau le ‘malade’ hors voix. Cependant, on ne peut plus ignorer que “c’est bien à une étape précoce que se cristallise, pour l’enfant, ce qu’il faut bien appeler par son nom, à savoir les symptômes”[3] . Il faut alors préciser que la construction du symptôme ne sera pas identique s’il survient dans le moment d’une pensée encore métonymique ou bien dans un temps déjà métaphoro-métonymique, c'est-à-dire dans un refoulement déjà constitué. Quoi qu’il en soit, les symptômes se construisent et s’interprètent correctement, comme en témoignent les chapitres de “L’introduction à la Psychanalyse de Freud 17 Der Sinn et 23 Wege Zur Symptom Bildung”, parce qu’ils ont un sens qui renvoie à la ‘réalité sexuelle’[4].

Ainsi il existe une clinique psychanalytique du symptôme qui, dans cette époque décisive de sa construction dans l’enfance nous indique qu’il se construit et s’interprète donc sur le mode du rêve et des actes manqués[5] ; c’est à dire sur le mode du déplacement et de la condensation. C’est également pourquoi, de même que dans le rêve, le signifiant fait trait le corps dans et reste à lire comme une énigme de l’ordre de ce qui est écrit. De la même façon, pour des raisons de figurabilité dans ses différentes constructions et déconstructions, on ne peut ignorer les changements de nom du symptôme qu’opèrent les contextes culturels et historiques en témoignent les différentes appellations et transformations du nom des symptômes hystériques dans l’histoire récente de notre humanité.

Néanmoins, il existe des cas où la construction échoue: “c’est le symptôme en tant qu’il n’y a aucune chance pour qu’il accroche quelque chose de votre inconscient à vous”[6] .
Lacan reprend alors la première écriture étymologique du symptôme: “le Sinthome” pour montrer, avec Joyce, comment on peut faire relais là où le nouage des trois termes “Réel Symbolique Imaginaire” ne trouve pas à se réaliser avec un nom du père comme quatrième°. En effet, ‘le père comme nom et comme celui qui nomme, ce n’est pas pareil. Le père est cet élément quart (…) cet élément quart sans lequel rien n’est possible dans le nœud du symbolique, de l’imaginaire et du réel. Mais il y a une autre façon de l’appeler: (…) le sinthome[7]’. C’est donc avec ce formidable repérage d’un relais possible du symbolique, là où il vient à manquer, que Lacan nous transmet un outil conceptuel qui va bien au-delà de ce qui peut faire construction dans les psychoses.

 

[1] Editions CNRS, 1979.Conférence donnée par J. Lacan dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne 16 Juin 1975 à l’ouverture du 5° Symposium international James Joyce.
[2] Ibidem
[3] Conférence de Jacques Lacan du 10/04/75 à Genève sur le Symptôme. Prononcée au centre R de Saussure. In Le Bloc Notes de La Psychanalyse 1985, N° 5, P.5, 23.
[4] Ibidem
[5] Ibidem
[6] Conférence donnée par Lacan Du 16/06/75 à l’ouverture du symposium international James Joyce .Texte établi par J.A.Miller, à partir des notes d’E. Laurent. L’Ane .1982, N° 6
[7] Ibidem


 

Dans le cadre de l'association Analyse Freudienne, une journée d'étude sur le thème "Construction/déconstruction du symptôme" aura lieu les 29 et 30 mai 2010

Hôtel de l'Horticulture
7 quai Henri Barbusse – 44000 NANTES
(Tramway ligne 2 - arrêt Saint Mihiel)

Freud donne au symptôme le statut d'une parole interdite que l'analyse peut libérer en révélant son sens caché, c'est à dire en opérant par un mouvement de déconstruction, selon les mêmes procédés qui permettent l'interprétation du rêve. Lacan fera remarquer que, symptômes ou rêves, « c’est dans le procès de leur récit que se lit ce que Freud appelle leur sens » (Conférence à Genève sur le symptôme).
Dès lors, le "sens" du symptôme ainsi décomposé n'est pas tant mise à jour d'une pensée inconsciente en attente de traduction que production signifiante du sujet ; l'analyse est cette lecture même des traces laissées en le sujet, en son corps, par le discours de l'Autre, et les formations de l'inconscient ne sont pas tant une façon de déguiser une pensée cachée que de dire autre chose que ce qui est dit.
Ceci donne sa perspective à la direction de la cure, pour ce qui est de la névrose: construction de ce qui sera plutôt que déconstruction de ce qui était: « WO es War , soll Ich werden ».
Mais qu'en est-il de la psychose, où semble manquer cette modalité de rapport au désir de l'Autre? Doit-on considérer qu'il n'y a dès lors pas de symptôme au sens analytique, c'est-à-dire qui soit déterminé par une métaphore et puisse faire nouage des trois registres RSI?
Avec Joyce, Lacan invente le sinthome, où des possibilités créatrices autres d'un sujet font relais au défaut du symbolique, dans une autre forme de nouage. Mais faut-il donner au sinthome le statut d'un concept et à ce titre le différencier du symptôme ? Lacan lui-même entretient l'équivoque tout au long du séminaire consacré à cette question, en intervertissant régulièrement les deux termes.

D'où les nombreuses questions qui pourront faire l'objet de notre travail:

- L'idée qu'un symptôme se construise coïncide-t-elle avec celle du sinthome considéré comme invention qui supplée à une carence? La construction du symptôme – ou sa réduction - seraient-elles à mettre également du côté de l'invention?
- Peut-on préciser les conditions auxquelles une œuvre de création peut faire sinthome ? Si la création littéraire a pu, selon Lacan, remplir cet office pour Joyce, peut-on passer de « Joyce le sinthome » à une définition généralisée du sinthome ?
- Le symptôme, supposé réduit à son expression dernière suite aux remaniements d'une cure, se distingue-t-il de ce que Lacan désigne du terme de sinthome ?
- Une interrogation en découle: le désir d'analyste peut-il être considéré comme sinthome?

 

Samedi 29 mai

Présidente de séance: Marie-Noëlle Raynal

9h 15: Marie-Noëlle Raynal (Nantes, A.F.): Présentation des journées

9h 30: Claude Dumézil (Paris, A.F.): « De la construction dans le champ psychanalytique »

10h : Christelle Saïd (Nantes): « Le père "mythique-ment",une construction freudienne. »

10h 30 – 11h: Discussion

Président de séance: Radjou Soundaramourty (Paris, A.F.)

11h: Christian Hoffmann (Paris, Espace Analytique): « Pas de sujet sans symptôme »

11h 30: Maria-Cruz Estada (Madrid, A.F.): "Quod caput dolet... membra dolent"

12h – 12h 30 : Discussion

12 h 30 – 14 h 30: Déjeuner


Président de séance: Sylvain Frérot (Caen, A.F.)

14 h 30: Marcel Rockwell (Paris, A.F.): Le silence et l'intransmis. A partir de V.Tausk, symtôme et institution. (Discutante: Claire-Marie Gagnebin - Nantes)

15h 15: Catherine Delarue (Paris, A.F.): « Où est le symptôme? »
(Discutante: Florence Frappart - Nantes)


16h – 16 h 15: pause

Président de séance: Edwige Pasquier (Nantes)

16h 15: Roque Hernandez (Alicante, A.F.): « Sin-toma » ( Sans-têtée, ou « privé du sein »)
(Discutante: Eva Van Morlegan - (Madrid, A.F.)

17h : Gabrielle Zalio (Nantes, A.F.): Le symptôme à point nommé
(Discutant: Serge Granier de Cassagnac - Paris, A.F.)

18h: Présentation du dernier numéro de la revue Analyse Freudienne Presse:
« Rencontres avec le Réel »
avec la participation de Sylvain Frérot,
Chantal Hagué (Paris, A.F., directrice de rédaction),
Elisabeth Jegaden (Nantes) et Jean-Yves Le Fur (Nantes)

Cocktail


Dimanche 30 mai

Président de séance: Bernard Brémond

10h: Pilar Pascual Zabalza (Madrid, A.F.): "La geometria como sintoma:la huida a saltos,profugo de si mismo".Dos fragmentos clinicos
("La géométrie comme symptôme: Sauter pour vivre, une fuite hors de soi-même. Deux fragments cliniques)
(Discutante: Marie-Carmen Urruticoechea - Nantes)

10h 30: Jean-Jacques Leconte (Paris, A.F.): "Les Naufragés du Fol Espoir"

Discussion

11h 30: Table ronde animée par Bernard Brémond (Nantes, A.F.), avec: Annie Guillon-Lévy (Nantes, E.L.P.), Robert Lévy (Paris, A.F.), Regnier Pirard (Nantes, E.P.B.), Jean Rousseau (Nantes), Pierre Sorel (Lyon, A.F.).


Fin de la rencontre à 13h

 

ARGUMENTS

 

Maria-Cruz Estada:
L'alcool au féminin: symptôme d'une femme, sinthome pour un homme"

C. Saïd:
Toute l'oeuvre de Freud s'oriente vers le mythe du père.Une question inévitable pour Lacan, il en dépend toute l'avancée de la pratique et de la théorie de la psychanalyse. Alors quel est donc le statut et la fonction du mythe Freudien?
En quoi Lacan peut-il dire que "Totem et Tabou" est "un produit névrotique"? et que ce texte fait "symptome "dans l'oeuvre de Freud.

Marcel Rockwell:
Si le symtôme parle, que le secret fait parler, quels sont les effets du non-dire, de la parole absente qui peut passer du symptôme d'un sujet à la compulsion de répétition dans le groupe institué ? Avec "l'invention" du sinthôme, Lacan tenterait-il de passer d'une clinique du symptôme (névrose, psychose, perversion) où l'objectivation fait silence, à une clinique du Sujet, bricolé dans sa structure en procès de parole ?

C Delarue:
Peut-on repérer un symtôme dans un cas de perversion? Lacan, dans le cadre de la perversion , ne parle pas de symptôme mais de fantasme pervers, en précisant que la "fonction de la perversion est une fonction métonymique". Que serait un symptôme relevant d'une contruction selon la métonymie?

Roque Hernandez:
Síntoma, angustia, deseo y culpa se articulan de múltiples maneras tanto en la cura de la neurosis como de la psicosis y la perversión. Poder abrir una distancia entre el sujeto y el objeto del que es privado, allí donde el síntoma los colapsa, le permite servirse de ese vacío metafórico para investir un deseo sexuado

Gabrielle Zalio:
Du symptôme comme un des Noms-du-père au nom du sujet lorsqu'il semble faire symptôme: étude de la fonction du nom propre en rapport avec le nouage de la structure du sujet.

Pilar Pascual Zabalza:
"La geometria como sintoma"."la huida a saltos, profugo de si mismo".Dos fragmentos clinicos.
Desde el determinismo de las enfermedades organicas graves, donde el psicoanalisis es diferente del punto de vista medico , analisis de la situacion del sujeto con respecto al goce y al deseo.

Jean-Jacques Leconte:
C'est aussi le titre d'une piéce de théâtre mise en scène par Ariane Mnouchkine, qui se joue en ce moment au théâtre du Soleil. Le titre continue à flotter, comme le radeau qui recueille les naufragés du fol espoir, et je me résous à le prendre en considération, sans trop savoir vers quoi, vers où (verrou?) je m'embarque. Ce qui est sûr, c'est que l'angoisse est au rendez-vous. Le risque d'échouer à Cythère, dans l'angoisse de rencontrer ce qui "s'y terre", la terreur qui contraint à s'y taire. J'ai plus d'une fois entendu, enfant, la question qui m'était posée de savoir si j'avais perdu ma langue, ou si on me l'avait coupée. La question serait-elle de nouveau d'actualité? Serais-je dans "l'angoisse comme symptôme" premier titre auquel j'avais pensé. Face au symptôme phobique et à ses effets ravageurs. ?Face au leurre qui organise le discours du capitaliste, et la facticité de toute conception du monde, s'oppose le leurre de la fiction théâtrale, qui permet d'appréhender ce qui de la vérité peut être mi-dit, et dans un autre registre le leurre en psychanalyse qui permet avec l'appât du mensonge qu'on ferre la carpe de la vérité.? J'embarque avec l'espoir de trouver le lien qui organise et différencie plusieurs discours. L'un qui de déploie sur la scène théâtrale. J'y trouve (dans la piéce de Mnouchkine) la mise en scène du discours du capitaliste et ses conséquences désastreuses. L'autre sur la scène analytique, où se révèlent les structures où chacun se trouve pris, que Lacan a élaboré dans sa théorie des quatre discours. Sur l'une et l'autre scène il est question d'une jouissance, celle qui résulte de la plus-value d'une part, du plus-de-jouir d'autre part.

 

 

Inscriptions:

70€ jusqu'au 15 mai
80€ après le 15 mai et sur place
50€ membres d'A.F.
40€ étudiants, uniquement sur place.
Formation permanente: 100€ (N° 11752240275)

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http://www.analysefreudienne.com
http://psychanalyseanantes.free.fr


Analyse Freudienne vous invite à la présentation du n° 16 de sa revue Analyse Freudienne Presse :

" Rencontres avec le réel"

le samedi 29 mai 2010 à 18h00

En présence de :

Sylvain FREROT, membre du comité de rédaction et coauteur, psychanalyste à Caen, membre de l'association Analyse Freudienne,
Chantal HAGUE, Rédactrice en chef et coauteur, psychanalyste à Paris, membre de l'association Analyse freudienne,

Commentaires de :

Élisabeth JEGADEN, psychanalyste à Orvault,
Jean-Yves LE FUR, psychanalyste à Nantes.

Lieu : Salons de la Société d'Horticulture, 7 quai Henri Barbusse (Tramway ligne 2, arrêt Saint Mihiel), Nantes

Télécharger l' affiche

   

 

Dans le cadre de l'association Analyse Freudienne, une journée d'étude sur le thème "Construction/déconstruction du symptôme" aura lieu les 29 et 30 mai 2010

informations complémentaires données ultérieurement


Séminaire sur le thème: "Construction/déconstruction du symptôme" mis à jour pour 2009-2010

sous la responsabilité de B. Brémond: 1/10, 5/11 et 3/12/2009, les 7/01, 4/02, 4/03, 1/04, 6/05 et 3/06/2010


Pour participer, contacter Bernard Brémond : 02 40 20 50 79

Lieu : AU CFEJE, 102 RUE SAINT-JACQUES 44200 NANTES
(Accès tramway: ligne 2, direction Neustrie, arrêt Pirmil)


Groupe de lecture du Séminaire XX de J. Lacan "Encore" mis à jour pour 2009-2010

Animé par Gabrielle Zalio, à 21h00, les 24 septembre, 15 octobre, 19 novembre et 17 décembre 2009, 21 janvier, 11 février, 18 mars, 8 avril, 29 mai et 17 juin 2010.

Lieu : CFEJE, 102 rue Saint-Jacques, 44200 Nantes.

Pour participer contacter Gabrielle Zalio, tel. 02 40 89 07 99


Soirée-débat "Lacan à la question"/ Question de psychanalyse mis à jour pour 2009-2010

Cycle de débats, animé par Marie-Noëlle Raynal, membre d' Analyse Freudienne, à propos des repères fondamentaux de l’enseignement de Jacques Lacan: un psychanalyste invité répond aux questions de deux participants, puis le débat se poursuit avec la salle.

Vendredi 27 Novembre 2009, à 21 h.

“La résistance, c’est la résistance de l’analyste”

Invité : Claude Dumézil (Membre fondateur d’Analyse Freudienne et de la Fondation Européenne pour la Psychanalyse, Paris)

Questions: Jean-Yves Méchinaud (Ecole Freudienne, Nantes)
Christelle Saïd (Nantes)

Organisation: Marie-Noëlle Raynal
( Analyse Freudienne, Nantes)

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Centre de Formation des Éducateurs de Jeunes Enfants
102 rue Saint Jacques - 44200 NANTES
Accès tramway: ligne 2 arrêt Pirmil

Participation aux Frais: 10 euros

 

Le trait du cas

Dispositif sur la pratique, réservé aux psychanalystes : à la suite des inventions lacaniennes de la Passe et du Cartel, ce dispositif vise à éclairer, pour chacun de ceux qui s'y engagent, les articulations dynamiques entre conduite de la cure et désir d'analyste.
Groupe d'Etude du Trait du Cas, 54 avenue de Saxe, 75015 Paris, 01 47 83 23 53.
Contact local : B. Brémond : 02 40 20 50 79.


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